L'Arbre
L'ARBRE
Sorti de la terre un printemps,
J'ai grandi au milieu d'un champ,
Recouvert de sainteté et de gaîté,
Sentant la nature prête à s'envoler.
Du haut de mes branchages verdâtres,
J'ai conquis le ciel et les cimes des astres,
J'écoute les oiseaux chantonner,
Et de loin les véhicules ronronner.
Imposant, je souris aux passants,
En leurs caressant le visage agréablement,
De mes feuilles tombantes à l'automne,
Celles devenues si craquantes et si jaunes.
Perdu au milieu d'une rue,
La vivacité de mon humeur n'est plus,
Mon harmonie de sentir la vie
S'en est allé, ce nouveau monde m'envahit.
Mon tronc devenu noirâtre,
Mes racines pressées par un béton de désastre,
Et mon feuillage évaporé dans les cendres,
Il ne me reste plus qu'à me rendre…
Désarmé de mon charme,
De ce majestueux manteaux plein d'âme,
J'ai comme la pénible sensation d'être oublié,
D'être abandonné, délogé…
Consumé par l'arrogant
Impuissant, malade et souriant,
Une seconde je ne pourrais penser quitter
Cette Terre qui m'aura donné vie puis emporté.
Matthieu PARIS

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